Gérard Schlosser

Gérard Schlosser

Gerard Schlosser est né à Lille en 1947, il arrive à la Peinture après avoir pratiqué l’orfèvrerie et la sculpture. Schlosser est au centre du mouvement de la Figuration Narrative même s’il n’a pas participé en 1964 à l’exposition fondatrice des ‘mythologies quotidiennes’. Son œuvre est ancrée dans l’intimité des scènes de la vie quotidienne, en claire rupture avec la peinture abstraite ou la froideur du Pop Art qui submergent les galeries dans les années 70.

Sclosser la grand mère 1972

Schlosser utilise dans un premier temps le procédé de la ligne claire pour le compléter à partir de 1970 par l’utilisation de la photographie et de l’épiscope, appareil optique permettant de projeter sur une surface une image agrandie. Cette technique du détail magnifié fait exploser le premier plan alors que la profondeur de champ reste exceptionnelle grâce à des cadrages finement ciselés. L’utilisation systématique d’une surface sablée à partir de 1967 amplifie le jeu des couleurs et des perspectives et confère un aspect vibrant et soigné à la toile.

Schlosser les trois becs1972

L’expérience de la sculpture se retrouve dans la maitrise des volumes et dans les appels de lumière. Les thèmes récurrents de l’œuvre de Schlosser sont accessibles à tous ; scènes de rencontres, d’abandon, de repos dans des environnements apaisés, une chambre, à la campagne ou au bord de l’eau. Les personnages sont rarement dévoilés dans leur totalité et l’artiste se concentre sur le détail crucial qui résume la situation, grâce à une technique de découpage et de cadrages méticuleux. A travers ces subtils détails, l’artiste fige le temps et partage avec nous quelques instants de bonheur perdu. Le génie de Schlosser réside dans cette merveilleuse douceur, ce temps suspendu, ces parenthèses voluptueuses où le désir, l’affection et souvent un sage érotisme sont omniprésents. Dernièrement Schlosser semble avoir cédé, peut-être sous la pression commerciale, à un érotisme moins contrôlé.

Schlosser Cest plus vrai qu on ne croit 1995

La peinture de Schlosser est éblouissante, elle explose de vie au-delà du cadre de la toile. Ses œuvres ont l’immense mérite de nous plonger dans un état de profond bien-être. Il est absurde de classer Schlosser comme un hyperréaliste : son œuvre n’est ni froide, ni neutre. A mon sens il s’inscrit dans le prolongement de la grande peinture impressionniste dont il revisite certaines des toiles les plus emblématiques comme le ’déjeuner sur l’herbe’ de Manet ou ‘la terrasse à Sainte-Adresse’ de Monet. Pour finir, j’ai sélectionné une œuvre de 1987, ‘ça sent bon’ où je retrouve un condensé du bonheur ‘à la Schlosser’, rafraichissant et tonifiant à la fois. Elle déclenche aussi chez moi la nostalgie d’une époque révolue.

Schlosser Ca sent bon 1987

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